2010 Année de toutes les musiques - CG62 - Le 20 Mai 2012 - 00h09
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Le rideau est tombé sur Coups de Vents, le Festival International de Musique à Vent. Six jours de concerts, d’aubades et de fanfares, pendant lesquels le public a découvert tous les styles de musiques à vent. De la salsa à la musique balkanique, en passant par la chanson et le funk, le festival a offert un véritable tour du monde musical. Retour sur le concert de clôture à Lens le 13 juillet, avec Peter Von Poehl et Philippe Langlet, directeur artistique du festival.
Il ne manquait que les coussins et le thé chaud ! Ce mardi à Lens, Peter von Poehl a offert un concert d’une grande finesse, exceptionnellement accompagné par le Coups de Vents Wind Orchestra, le grand orchestre d’harmonie professionnel du Pas-de-Calais. L’ambiance est planante sur la place Jean Jaurès de Lens. Le folk-singer suédois livre sa délicate musique drapée dans les rondeurs et la puissance de l’orchestre. Le public chantonne les mélodies du premier album "Going where the tea-trees are" et découvre les dernières compositions de cet artiste ultra-sensible.
Ce concert est pour moi une expérience unique
, lance un Peter von Poehl visiblement ravi. C’est la première fois que je joue avec ce fabuleux orchestre, c’est aussi la première fois que je joue ces chansons. Merci de partager ce moment avec nous
! Les arrangements de Martin Hederos sont irréprochables et l’interprétation très juste, l’orchestre Coups de Vents a su saisir toute la substance de l’univers de Peter Von Poehl. Un frisson général parcourt le public quand l’orchestre entre dans une montée progressive vers l’explosion finale de "The story of the Impossible". Après le concert, un blondinet haut comme trois pommes va chercher Peter von Poehl en coulisse. Bravo Peter, vous avez très bien joué ! Alors je vous donne un cadeau.
Le garçonnet tend un autocollant "Coups de Vents" que l’artiste arbore désormais fièrement sur son costume.
C’était extrêmement impressionnant. Je n’avais jamais joué avec autant de musiciens et j’ai ressenti une vraie proximité musicale et humaine. Tout le monde s’est bien compris, pourtant ce n’était pas un exercice facile ! J’espère pouvoir continuer cette aventure et même réaliser un album avec l’orchestre Coups de Vents.
J’ai joué à plusieurs reprises dans le département, notamment à l’occasion du Main Square Festival. Le public est chaleureux et sans vouloir flatter, je pense que cette région est la plus sympa de France.
Coups de Vents est véritablement un festival de découverte, sans tête d’affiche "bankable" mais au contraire des artistes parmi les meilleurs du monde que l’on a rarement l’occasion de rencontrer. Pour moi un festival doit bluffer le public plutôt que programmer les artistes qu’ils connaissent déjà. Pour cette première édition, les surprises étaient de taille : Allen Vizutti, Fabrice Devienne, Romain Leleu, etc. Nous pouvons être fiers d’avoir pu écouter ces grands artistes sur scène.
Nous avons mis sur pied l’orchestre Coups de Vents Wind Orchestra parce que le Pas-de-Calais est La terre de prédilection de la musique à vent. L’orchestre se veut être un outil d’excellence pour promouvoir notre patrimoine et notre savoir-faire. Mais il est aussi un outil pédagogique. Les musiciens de l’orchestre sont tous professeurs dans les établissements du département. Au sein de l’orchestre, ces professeurs développent la sensibilité de la scène, qui est selon moi la meilleure école. Ils sont dirigés par des chefs remarquables qui leur transmettent les techniques et la finesse de la direction d’orchestre. À leur tour, les professeurs peuvent communiquer à leurs élèves cette énergie de la scène et sont prêts à diriger leur propre orchestre d’étudiants. Je suis intimement convaincu que l’apprentissage de la musique passe par la scène.
Absolument, il n’y a aucun niveau minimum pour jouer en groupe. Dès la première année, l’enfant doit jouer en orchestre, même s’il ne sait jouer que trois notes ! En 2004, j’ai créé des orchestres d’élèves dans les collèges de Dunkerque. 400 gamins répétaient deux fois par semaine, aucun n’a décroché. La musique a aussi des répercussions sociales à ne pas négliger. Nous avons ouvert des classes de violon dans les quartiers difficiles. Un an plus tard, les journaux titraient "chute vertigineuse de la délinquance" dans ce quartier. Je n’ai pas la prétention d’affirmer que la musique est la solution à tous les problèmes, mais il y a quelque chose. Autre exemple, le gouvernement du Venezuela a créé des orchestres à l’école il y a vingt ans pour sortir les enfants des favellas. Gustavo Dudamel, le chef du Philarmonic de Los Angeles, âgé de seulement 28 ans, en est directement issu !
Les orchestres étaient tous d’un très grand niveau, c’est indéniable. Mais le concours Coups de Vents se veut être un grand concours international. Nous nous devons de respecter une exigence particulière pour que le concours reste prestigieux. Le vote s’est déroulé à bulletin secret, il ne s’agit donc pas d’une décision délibérée mais de l’avis général du jury. L’esprit général était très enthousiaste et plein de bonne humeur. Le concours a permis aussi aux orchestres de se rencontrer, de se mettre en réseau.
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