2010 Année de toutes les musiques - CG62 - Le 20 Mai 2012 - 00h02
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2010 L'année de toutes les musiques en Pas-de-Calais

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Olivier Penard, divine musique

Publié le 16 Juin 2010

Faire vivre la musique, c’est aider les artistes à se produire, c’est permettre au plus grand monde d’assister aux représentations ; mais c’est aussi aider la création d’œuvres nouvelles. Dans le cadre du festival d’orgues Contrepoints 62, le Conseil général a commandé à Olivier Penard une composition pour orgue et orchestre. L’œuvre sera "créée", c'est-à-dire jouée pour la première fois le 17 septembre à la cathédrale de Saint-Omer, avec le chœur et l’orchestre de la Radio Flamande. Un projet exceptionnel à la hauteur du patrimoine musical du département. Afin de vous transporter au cœur de ce projet, nous vous proposons de suivre toutes les étapes de la composition. Mi-juin, premier épisode devant la feuille blanche, avec Olivier Penard.

Olivier Penard, pouvez-vous nous livrer les premiers secrets de cette commande ?

Il s’agira d’une œuvre de musique sacrée, nommée "Exaltabo te domine". La pièce sera écrite pour un orgue bien sûr, mais aussi deux percussions, des harpes et un orchestre à cordes. Elle durera 25 minutes et sera programmée lors d’un concert dédié aux psaumes, avec d’autres pièces de Mendelhsson et Bernstein. Après avoir composé de la musique de chambre, j’avais envie de revenir à la musique sacrée. "Exaltabo te domine" sera la troisième œuvre du genre.

Vous vous inspirez donc de textes très anciens…

Je m’appuie sur le psaume 30 de l’Ancien Testament. La plupart des psaumes font référence à David, qui se trouve souvent figuré par la harpe ou la lyre. J’ai voulu faire un clin d’œil à cette tradition en commençant le premier mouvement avec la harpe.

Vous concevez la musique comme une porte ouverte vers la spiritualité ?

Le concert en lui-même est spirituel. Des personnes se réunissent autour d’une œuvre d’art, c’est un acte rituel et donc sacré. Pour moi la musique invoque la méditation et invite l’auditeur à entrer en connexion avec lui-même et les autres. Techniquement, j’essaie au maximum de laisser de longues pauses sonores, pendant lesquelles l’auditeur a vraiment le temps de voyager et de révéler des choses en lui.

Vous travaillez sur la commande depuis deux semaines. Comment abordez-vous cette première phase de composition ?

Dans une œuvre vocale, l’écriture part toujours du texte. J’étudie la prosodie, les accents du texte afin de faire émerger la musique et les rythmes. Ceci est la première étape de gestation, où l’on n’écrit rien. On réfléchit, on rêve, l’œuvre se constitue lentement en soi. Puis quand l’objet sonore est prêt à sortir, je le mets en œuvre comme un artisan et les pages se remplissent.

L’acte de création ne semble suivre aucune logique purement rationnelle. Pourtant les œuvres doivent être livrées, répétées, selon des calendriers précis. Comment gérez-vous ces contraintes extérieures ?

Je crois que ce sont de saines contraintes. J’épouse simplement le planning de la commande et des répétitions. "Exaltabo te domine" sera créée le 27 septembre. Les répétitions débuteront au moins trois semaines avant. J’organise mon travail selon ces exigences. Pour moi elles canalisent l’énergie créatrice autour d’objectifs précis. D’ailleurs je crois qu’un artiste peut être complètement bloqué s’il ne doit suivre aucune conjoncture. Mais cette question est l’objet de nombreux débats…

À présent, quelles sont vos prochains objectifs ?

J’ai terminé la phase de gestation et je commence la phase d’écriture. Les idées viennent assez naturellement, la structure générale est établie et le premier mouvement entamé. Je vais continuer à poser l’objet sonore sur le papier pendant encore quelques semaines.

À suivre…

 

Né à Paris en 1974, Olivier Penard découvre sa vocation de musicien à l’âge de dix huit ans. Il étudie alors la composition avec Guy Reibel et Philippe Capdenat. Désireux d’écrire une musique expressive et lyrique, il se réclame de compositeurs tels qu’Honegger, Stravinsky, Ravel, Brahms ou encore Dutilleux. Son langage se caractérise par une harmonie sensuelle et colorée, des contours rythmiques vigoureux ainsi que d’une forte densité dramaturgique. Ses recherches se proposent d’assumer les exigences des techniques actuelles sans renoncer aux influences du jazz ou de la musique de films. L’attention qu’il porte à la littérature jeunesse le conduit à composer plusieurs mélodrames dont Le joueur de flûte d’Hamelin raconté par Virginie Ledoyen (éditions Thiery Magnier) et La chèvre de Monsieur Seguin pour lequel Jacques Bonnaffé prête sa voix. Dans le même esprit, il composera en 2011 la musique de Peter Pan pour l’orchestre de région Avignon Provence et l’orchestre de Douai à l’occasion du centenaire de la parution originale du roman de James Matthew Barrie. Il parcourt régulièrement le Pas-de-Calais depuis plusieurs années. En 2002, il crée un psaume à l’église de Fruges. En 2010, le trio Arte et Dana Ciocarlie, à l’affiche du Midsummer Festival, interprètent sa dernière création "Phantasy", une commande de Musiques Nouvelles en Liberté.

Crédit photos : Rémi Vimont

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