2010 Année de toutes les musiques - CG62 - Le 20 Mai 2012 - 00h01
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2010 L'année de toutes les musiques en Pas-de-Calais

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Nathalie Cornille, une philosophe qui danse

Publié le 12 Mars 2010

Nathalie Cornille est une philosophe qui danse. Point de mots, le mouvement suffit. La danse contemporaine comme tribune, telle est la passion de cette artiste familière du Pas-de-Calais. Nathalie veut s’adresser à tous et dépasser les préjugés culturels. Elle présentera son spectacle "Chouz" destiné aux touts petits dès 18 mois, à partir du 16 mars au centre Phénix d’Outreau.

Nathalie, comment la danse est-elle entrée dans votre vie ?

J’avais cinq ans lorsque j’ai rencontré la danse, je rêvais d’opéras et de tutus comme toutes les petites filles ! Mais n’étant pas issue d’une famille d’artiste, je n’imaginais pas vivre de la danse. Un jour je suis devenue juriste, un métier que j’ai pratiqué pendant dix ans jusqu’au jour où l’envie de danser était trop forte. J’ai fait le grand saut et après de multiples expériences artistiques, ma compagnie a vu le jour en 2000.
J’ai suivi très longtemps des cours de danse mais il me manquait toujours quelque chose. Je me suis donc tournée vers le théâtre, puis les arts plastiques. Toutes ces orientations se retrouvent naturellement dans mes spectacles. La musique est également très importante, le spectacle "Exit" a par exemple été conçu avec un trompettiste. Toutes les disciplines sont très proches les unes des autres.

De nombreuses dates sont programmées dans le Pas-de-Calais. Pourquoi avez-vous cette relation particulière avec notre département ?

J’apprécie particulièrement de danser dans le Pas-de-Calais car il y a une vraie relation de proximité avec le public. La politique culturelle du Département permet aux spectacles d’aller à la rencontre de tous les publics. On constate qu’il existe une vraie vie culturelle dans chaque territoire, preuve d’une réelle volonté qui s’inscrit dans le temps.

De plus l’accompagnement en faveur des artistes est très fort. L’aide à la création permet de soutenir un artiste, et pas un projet précis. Et quand l’on soutient le fondement de la vie culturelle, une myriade de projets découle naturellement. Ce soutien de l’artiste est bien plus efficace qu’un soutien par projet. C’est une grande chance !
Aujourd'hui nous présentons nos créations bien au-delà de nos frontières : Belgique, Espagne, Portugal, Autriche... Pour moi, c'est un véritable équilibre de représenter sa région de plus en plus loin et d'y travailler aussi souvent que possible.

Toutes vos créations portent un sens profond et des valeurs fortes, à l’image du spectacle "Poze" qui a lancé une passerelle entre la danse contemporaine et les adolescents. Comment l’avez-vous conçu?

Je voulais m’adresser aux adolescents. Je trouve qu’ils sont souvent stigmatisés par les adultes et les structures éducatives. L’image du jeune qui ne s’intéresse à rien leur colle à la peau. La chorégraphie du spectacle "Poze" met en scène tous les codes des adolescents avec un regard assez tendre.

La compagnie s’est installée pendant quinze jours dans le collège de Grenay et le lycée professionnel de Bruay-la-Buissière. Nous avons créé le spectacle dans une pièce ouverte où chacun pouvait librement aller et venir. Les élèves nous regardaient inventer, participaient à l’acte de création, écrivaient des textes ou s’occupaient de la régie. Sans aucune obligation, ils étaient des centaines à revenir, toujours sérieux et respectueux. Leur engouement a été le plus beau retour que l’on puisse espérer.

Cela prouve qu’il est toujours possible de créer des liens, même avec un public considéré comme "difficile". La question est de savoir dialoguer avec leur univers, proposer des spectacles accessibles. On a réussi à les passionner avec de la danse contemporaine ! J’ai fait la moitié du chemin, eux ont fait l’autre moitié. Nous avons joué "Poze" à Petite-Forêt, nous espérions 150 ados, ils étaient 400 !

Vous créez des spectacles à destination des tout-petits, dès 18 mois. Comment parvenez-vous à toucher de si petits bambins ? À quoi sont-ils le plus réceptifs ?

Suivant le même principe, j’ai préparé le spectacle "Chouz" au cœur des crèches et des écoles maternelles pendant 18 mois. La danse est facilement compréhensible par les tout-petits. C’est avant tout de l’image. A travers la danse et les choix esthétiques, je souhaite réaliser un travail d’éducation à l’image. Je ne crée pas un spectacle pour le plaisir des formes, mais pour le pouvoir poétique. Traditionnellement les images destinées aux tout petits sont très colorées, rapides et bruyantes. Pourtant, au plus il y a d’images, au moins elles sont lisibles. J’ai donc pris le contrepied, "Matin calme" est monochrome, très doux, avec un décor minimaliste. J’essaie de faciliter le regard et de permettre à l’attention de se fixer sur des détails. Après mes spectacles, les petits parfois viennent voir mes pieds car ils sont devenus le centre de leur attention.

Il est agréable de s’adresser aux tout-petits parce qu’ils n’ont pas encore d’idées préconçues. Souvent les gens s’interrogent "Comment les enfants restent-ils concentrés tout au long du spectacle" ? Tout est magique pour eux, même la dame qui danse !

Quelle est l’attitude du public vis-à-vis de la danse contemporaine dans le Pas-de-Calais ?

Malheureusement deux groupes coexistent. D’un côté les initiés qui fréquentent les lieux spécialisés en danse contemporaine et qui forment un microcosme assez fermé. De l’autre, le public populaire qui est pour moi le "vrai" public. Je prépare mes spectacles en pensant à eux, et bien souvent les gens sont étonnés d’avoir aimé une œuvre de danse contemporaine. Je préfère un public qui vit le spectacle plutôt qu’un public qui l’analyse.

Dans le Pas-de-Calais, il est beaucoup plus facile de toucher la population grâce aux nombreux centres culturels et à leur grande ouverture. C’est la raison pour laquelle j’aime jouer dans le département.

Comment s’est manifesté le soutien du Département dans vos projets chorégraphiques ?

Le centre Arc-en-Ciel de Liévin m’a soutenu dès mon premier projet. De 2000 à 2002, j’ai bénéficié de leurs locaux pour créer mes spectacles. Parallèlement, j’ai reçu des aides à la création de la part du Conseil général. Tout cela a énormément facilité la mise en œuvre des projets.

Vous êtes aujourd’hui une "artiste compagne" à Culture Commune, en quoi consiste cette alliance ?

Je travaille avec Culture Commune depuis dix ans au gré des projets. En devenant "artiste compagne", notre engagement est encore plus profond, nous bénéficions d’une aide financière sous forme de coproduction, d'un soutien artistique, d'une plus longue résidence, d’aide technique, d’une logistique accrue et surtout, d'une implantation sur plusieurs années qui permet de développer des projets à long terme.

Contact

CNC Danse
Nathalie CORNILLE LABARRE
3450, rue d'Ypres
59118 WAMBRECHIES
Tél. : 03 20 78 83 25
Courriel : cncdanse@orange.fr
www.cienathaliecornille.com

Prochaines dates

Retrouvez Nathalie Cornille dans le spectacle "Chouz" au

Le Centre Phénix
Place Léon Blum
62230 OUTREAU
Tél. : 03 21 99 07 74

Comédie chorégraphique pour danseuse et chaussures
Danse jeune public à partir de 2 ans

  • mardi 16 mars à 10h00 et 15h00
  • mercredi 17 mars à 16h00
  • jeudi 18 mars à 10h00 et 15h00
  • vendredi 19 mars à 10h00 et 15h00

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