2010 Année de toutes les musiques - CG62 - Le 04 Février 2012 - 12h55
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Depuis quelques mois à Outreau, une poignée de jeunes se rassemblent deux fois par semaine dans une petite salle du Centre d’Animation Jeunesse. Dans leur sac, des feuilles et des stylos. Dans leur cœur, l’envie de raconter et d’exister. Ces gamins n’ont pas grandi dans un monde rose bonbon, aujourd’hui le rap est venu les trouver. Prêts à en découdre, ils se battent à coups de rimes et de rythmes. Poser des mots sur les maux, déclamer et faire sa place.
Ils sont tous là. Maxence, Florien, Cédric, Julien et les autres nous attendent de pied ferme dans le hall du Centre d’Animation Jeunesse d’Outreau. Nous venons les interviewer et ils comptent bien avoir leur mot à dire. L’aventure commence en avril avec une simple semaine d’initiation au rap. Le succès est immédiat, l’expérience est reconduite une deuxième semaine et devient un atelier permanent. Les jeunes sont très impliqués et se rassemblent tous les mardis et vendredis
nous explique Akkro, l’animateur, rappeur de 29 ans. Ce qui les intéresse, c’est créer leurs propres textes et parler de leur vie. Ils viennent avec leurs idées sur papier et nous travaillons ensemble la mise en forme. Des règles strictes doivent être respectées, notamment le compte des syllabes et le battement, le souffle, la construction des rimes croisées ou successives. Et l’on corrige aussi les fautes d’orthographe et de grammaire. Un peu comme les devoirs de l’école, mais ils sont plus motivés par le rap !
Le rap, école des quartiers et réponse à l’échec scolaire, est aussi un outil de réflexion et de conscience. Ils sont très observateurs et mettent le doigt sur des situations sociales et politiques
commente Akkro. La vie des quartiers, le chômage, "travailler plus pour gagner plus", la violence mais aussi l’amour sont autant de thèmes soulevés par ces jeunes adolescents. J’ai écouté des potes et j’ai voulu me lancer pour parler de ce qui se passe dans les quartiers
témoigne Florien. Il faut dénoncer
, explique Akkro, le rap doit rester subversif sans jamais devenir insultant ou grossier. Le respect est au centre de tout. Ici on ne dit jamais "flic" mais "policier"
. Les rappeurs en herbe posent leurs mots sur des faces B ou des instrumentaux libres de droit, en attendant de créer leur propre bande-son.
Baptisé "Akkro et l’ékipe", le groupe de rap devient une deuxième famille. Akkro est devenu un grand frère pour ces gosses en mal de repères et l’atelier un lieu de dialogue et d’épanouissement. Il nous comprend car il a déjà vécu ce que nous vivons
témoigne Maxence. L’atelier est un sanctuaire et un défouloir
explique Akkro. Ils savent qu’ils peuvent parler de tout et que rien ne sortira. On ne peut pas régler tous les problèmes, mais parfois les solutions ne sont pas loin
. À mesure que les mots s’expriment, la violence s’éloigne. Au lieu de se battre, on recrache la rage en chantant
confie Maxence. Lors de leur premier concert à la Tour du Renard, bon nombre de parents ont découvert le vrai visage du rap, loin des clichés agressifs ou malsains. Je suis fier d’eux
, conclut Akkro, fier de voir que notre travail les aide sur tous les plans. Ils n’ont pas la vie facile et le rap leur donne un but, l’envie d’apprendre d’autres choses.
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C’est la relève du rap français
Akkro et l’ékipe
On fait du rap sensé
Akkro et l’ékipe
On se serre les coudes pour avancer
Akkro et l’ékipe
Le flow électrique c’est
Akkro et l’ékipe
Centre d’Animation Jeunesse d’Outreau
Tél. : 03 21 80 49 02
Courriel : office.municipal.jeunesse@wanadoo.fr
Akkro blog :
http://akro62200.skyrock.com
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